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Note: les opinions exprimées ici n'engagent que leurs auteurs et ne représentent pas la position du Groupe Kamosale Inc.

Soutenir l'éducation au Mali

Si la classe politique africaine est digne de représenter le peuple
africain, toutes les barrières aux frontières et à l'intérieur des pays
devraient disparaître immédiatement et de fait, pour une libre circulation
des personnes et des biens. Le peuple n'a pas de problèmes avec lui même,
c'est le politicien qui crée les problèmes au sein du peuple.

Kalifa Goita

             

Soutenir l’éducation au Mali, c’est investir dans la démocratie et la Paix sociale

 

 Sur 6.4 milliards d’êtres humains sur terre, « quelque 2,8 milliards de personnes – deux sur cinq – luttent encore pour survivre avec moins de deux dollars par jour » selon  le Fonds des Nations Unies pour la Population :État de la population mondiale 2004. Le monde est en crise économique, sociale, culturelle et spirituelle. Les riches n’aident pas assez les pauvres et ceux qui ont vraiment besoin d´aide. Les sociétés ont de plus en plus tendance à oublier les dogmes et principes religieux, moraux et éthiques. Les lieux de culte sont de plus en plus désertés. Beaucoup d’enfants ne respectent pas les consignes de leurs parents et défient toute autorité. Au Mali, cette situation se reflète dans la crise scolaire qui a connu récemment (novembre 2004) un affrontement entre groupes rivaux, faisant trois morts. La violence à l’école, surtout à l’université, est tout simplement inacceptable et doit être combattue par tous les moyens. Aucun groupe politique, confessionnel ou professionnel ne doit utiliser les élèves,  étudiants ou les enfants en général pour atteindre leurs buts.

Un pays pauvre et analphabète 

Carte du Mali

Source Carte : Wikipédia, l’encyclopédie gratuite et libre

Le Mali compte environ 13 millions d’habitants (UNICEF 2003 ) dont la moitié a moins de 18 ans. Le revenu national brut par habitant par année est de $290.00 US environ (US $23,930.00 au Canada)  73% des maliens vivent de moins de $1.00 US par jour. L’espérance de vie (données 2003) est de 49 ans. En effet, le Mali ne peut pas se permettre de gaspiller ses maigres ressources et ses énergies. Le pays a besoin d’une aide massive pour construire des écoles, recruter et former des formateurs, équiper les institutions d’enseignement car un pays de droit ne peut pas se construire si la majorité de la population est analphabète et si les étudiants et les enseignants sont toujours dans la rue. C’est pourquoi au Mali,  les programmes nationaux de développement s’inscrivent tous dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), avec comme priorités :

  • l’accès aux services de santé de base,
  • la réduction du fossé entre le taux de scolarisation des garçons et des filles,
  • la lutte contre la marginalisation, l’exclusion sociale et les actions en faveur des enfants victimes d’abus, de violence, d’exploitation et de négligence

Selon le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), au Mali, en l’an 2002, seulement 36% des hommes adultes  et 16% des femmes étaient alphabétisés. On comptait un téléphone pour 100 personnes en 2002. Toujours en 2002, l’accès à l’internet était pratiquement nul. Le taux de scolarisation dans le primaire pour la période 1998-2002 était de 44% pour les hommes et de 33% pour les femmes et respectivement de 18% et 9% pour la scolarisation dans le secondaire. Si on considère qu’environ 94% des enfants entrés en première année atteignent la cinquième année (selon les observations sur la période allant de 1997 à 2003), on peut affirmer que tout investissement dans l’éducation de base au Mali est profitable pour le développement du pays.

Taux d’alphabétisation / scolarisation

 

Mali

Afrique subsaharienne

ECO/CEI

Pays en développement

Pays les moins avancés

Taux d'alphabétisation des adultes, 2000, Hommes

36

69

98

81

62

Taux d'alphabétisation des adultes, 2000, Femmes

16

53

95

66

42

Taux de scolarisation dans le primaire (1998-2002*), net, Hommes

44

64

89

86

67

Taux de scolarisation dans le primaire (1998-2002*), net, Femmes

32

59

86

80

61

Taux net de fréquentation dans le primaire (%), (1996-2003*), Hommes

44

60

79

76

61

Taux net de fréquentation dans le primaire (%), (1996-2003*), Femmes

33

56

77

72

56

% d'enfants entrés en première année atteignant la cinquième, Données 1997-2003

94

83

96

89

79

Taux de scolarisation dans le secondaire 1998-2002* (brut), Hommes

18

29

90

60

30

Taux de scolarisation dans le secondaire 1998-2002* (brut), Femmes

9

23

85

54

25

 

Utilisation d’internet et du téléphone (2002)

 

Canada

Mali

Afrique subsaharienne

ECO/CEI

Pays en développement

Pays les moins avancés

Nombres  téléphones pour 100 personnes 

101

1

5

38

20

2

Nombres pour 100 personnes,utilisation d'Internet

51

0

1

5

4

0

Source : UNICEF ; Situation des enfants dans le monde 2005

Les  données plus récentes indiquent un développement rapide de l’utilisation du téléphone et de l’internet. Selon la Mission économique de l’Ambassade de France à Bamako, au 31 décembre 2003, le nombre d'abonnés à la téléphonie mobile a été multiplié par 5, passant de 45 974 abonnés en 2002 à près de 247 223 abonnés soit une augmentation de plus de 437%.

Du coup la télédensité globale du pays a connu un bond spectaculaire, passant de 0,9 ligne pour 100 habitants à 2,8 lignes pour 100 habitants. Il y aurait 15 000 internautes au Mali.

 

Etat des télécommunications au Mali au 31 décembre 2003 :

Téléphonie fixe (abonnés) = 60.925
Téléphonie mobile (clients) = 247.223
Taux de pénétration du téléphone fixe = 0,55%
Taux de pénétration du téléphone mobile = 2,25%
Nombre d'opérateurs de service de téléphonie = 2 
Nombre de prestataires de service Internet = 45
Nombre d'internautes = 35.000
Nombre de POP = 10
Nombre de cybercafés = 300

Promouvoir la culture de Paix

La promotion de la démocratie et de l’état de droit doit impérativement s’accompagner de la promotion des devoirs et obligations des citoyens. Une politique de tolérance zéro violence à l’école, dans la famille, la société civile et la vie politique doit être institutionnalisée immédiatement. Il faut éviter de créer un système d’éducation et de formation  à géométrie variable (petite enfance, enfance, adolescence, femmes et hommes de moins de 50 ans) Toutes les actions de formation / éducation doivent s’articuler autour du suivi et du développement du jeune malien et de l’éducation pour la vie. Tous les partenaires (famille, école, pouvoirs politiques, législatifs et judiciaires, organisations religieuses et syndicales, médias) doivent se donner la main pour contribuer au renforcement de la culture de la paix, du dialogue et de la tolérance

Les langues nationales et les défis scientifiques

Tout en étant conscients des difficultés de l'utilisation des langues maliennes dans l’éducation et des limites à court et moyen termes d'une de ces langues à répondre aux défis scientifiques d'un certain niveau, les ambitions et la détermination politiques du Mali doivent appuyer toutes les énergies et les intelligences qui remettent les valeurs du Mali au coeur de toute action d'éducation / formation par et/ou pour les Maliens. Ce débat de la capacité scientifique d'une langue oppose les linguistes. Les publications en langue Bamanan au Mali  prouvent que les linguistes maliens sont bien capables de relever les défis. La volonté politique est déterminante à cet égard en soutenant  le Programme Décennal de Développement de l'Education et de la Culture (PRODEC)

Le Programme Décennal de Développement de l'Education et de la Culture (PRODEC)

Ce programme a pour objectifs spécifiques :

  • augmenter le taux de l'éducation préscolaire 1,53 % actuellement à 10 % en 2008 et celui de la scolarisation    totale à 75 %.
  • augmenter considérablement le nombre des écoles d’enseignement de base
  • améliorer le niveau des formateurs
  • réduire les 2 cycles de l'éducation (primaire et second cycle) de 9 ans à 8 ans
  •  augmenter le volume horaire de l'enseignement de l'Anglais
  • encourager l'enseignement privé pour soutenir l'effort de l'Etat, surtout dans le développement des écoles villageoises
  • orienter 65 % des diplômés de l’enseignement fondamental dans les établissements d'enseignement secondaire dont les capacités d’accueil seront renforcées par la construction de plus de classes
  • utiliser la langue maternelle des apprenants dans l'enseignement, de la 1ère année à la 4ème année, en même temps que le français pour adapter l'école aux réalités sociales et culturelles des enfants dont l’avenir, partant celui du pays, dépend d’une solide formation de base.

L'enseignement fondamental ou  de base au Mali

Il comprend 2 cycles de 9 ans au total :

  • Le premier cycle : 6 ans. En 6ème année, tous les élèves sont soumis à l’examen national pour l’obtention du certificat d'études primaires (CEP)
  • Le second cycle : 3 ans. A la fin de ce cycle, soit en 9è année, les élèves sont soumis à l’examen national pour l’obtention doivent subir les épreuves du Diplôme d'Etudes Fondamental (DEF).

 L’enseignement secondaire :

Avec le DEF, les élèves s’orientent vers l'enseignement secondaire général (le lycée qui prépare au baccalauréat malien en 3 ans) ou vers l'enseignement technique et professionnel qui  forme des cadres moyens en 2 ou 4 ans.

L’enseignement supérieur:

Les détenteurs du baccalauréat malien et les cadres moyens étudient soit au Mali (Université du Mali, École de médecine, Ecole nationale des ingénieurs) ou à l’extérieur du Mali : premier cycle (licence), deuxième (maîtrise) ou troisième cycle (doctorat)

Conclusion

Une classe moyenne, capable de se nourrir, de se loger, de se soigner, de s'habiller et de s'instruire sans recours important aux ressources sous contrôle de décideurs politiques, est nécessaire au Mali pour des rapports nouveaux entre le Politique et le Civil. A cet égard, il faut se réjouir de l'émergence d'une nouvelle race d'acteurs socio-économiques et culturels: entreprises privées, organisations non gouvernementales à but non lucratif, associations diverses, médias. Ces groupes peuvent interpeller les décideurs politiques sur différents sujets et le cas échéant changer le cours de l'histoire. Ce changement peut s'inscrire autant dans le court terme que dans la durée, mais l'éducation et l'information jouent le rôle central dans le comportement, tant individuel que collectif. En aimant autour de nous, en semant de bonnes graines autour de nous,  tout devient possible.

AVIS AUX ENTREPRISES ET INSTITUTIONS DE FORMATION ET D'EDUCATION DU CANADA A INVESTIR AU MALI !

  

Kalifa Goita